jeudi 12 mai 2016

Un jour, une question : Acte 4

 

Que pensez-vous de l’usage des préservatifs dans les scènes érotiques ? 


Gilles :

Je pose le débat dans la littérature de l’imaginaire relevant de la fiction, aussi bien pour mes récits érotiques que pour les autres genres dans lesquels j’écris, principalement le polar et le thriller. La question ne se pose pas dans mes fictions historiques, le préservatif n’existait pas. J’ai pris le parti de ne pas en parler non plus dans mes textes contemporains, y compris dans mes polars, lorsqu’une scène érotique intervient dans le scénario. 

Jusqu’à présent, je n’ai été interpellé que par une personne en quatre années de production, près d’une centaine de titres publiés et des milliers de lecteurs. Il est évident que dans la vie réelle, l’usage du préservatif est un impératif vital et indiscutable, cependant l’auteur bénéficie de l’insouciante liberté de l’imaginaire.

Sortez couverts !


Valéry :

Je sais que, là-dessus, on ne va pas être du même avis, avec Gilles. :) 

Indispensable, pour ma part ! J’estime que, dans un roman, quand on écrit un univers, qu’il soit réaliste ou imaginaire, on se doit d’en respecter les règles. La sexualité n’a pas à être le seul et unique élément pour lequel les règles de l’univers développé dans le roman n’ont pas à être respectées (à partir du moment où on écrit sur un univers réaliste/moderne, bien sûr). On n’écrit pas des personnages qui s’échangent leurs seringues sans prendre en compte le fait qu’ils prennent un risque, on n’écrit pas des personnages qui donnent leur sang sans prendre en compte le fait qu’il y a des précautions en vigueur à ce sujet, on n’écrit pas des personnages qui se saoulent à l’excès sans prendre en compte les conséquences en découlant… il faut rester logique : on n’écrit pas non plus des personnages qui couchent ensemble sans se protéger et sans ne serait-ce que songer le lendemain qu’ils ont pris un risque (qu’il s’agisse d’une grossesse non désirée ou d’une maladie). 

D’une part, l’omettre est se priver de situations et de développements riches pour les personnages. Même le fait de ne pas avoir de quoi se protéger à proximité peut être intéressant : ça peut induire du stress, des questionnements, des difficultés à résister à l’envie éprouvée par les personnages, des autres façons d’assouvir leur besoin (ça peut être très hot !)… Ça peut montrer des éléments particuliers de leurs caractères, de leur relation, engendrer des conséquences derrière… Non, franchement, c’est vraiment dommage de s’en priver. 

D’autre part, un roman, ce n’est jamais anodin. Les livres ont du pouvoir, ils nous touchent, ils alimentent nos fantasmes… d’autant plus dans la littérature érotique ! Du coup, si on peut éviter de faire d’une situation à risque cet idéal… Il me semble important, en tout cas, de ne pas faire de la nécessité de se protéger le seul élément réaliste qui va être balayé de l’histoire comme s’il était gênant et à cacher de la vue des lecteurs, mais, au contraire, d’en fait un élément naturel. 


Valéry K. Baran


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Gilles Milo-Vaceri


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Sommaire


Introduction

Acte 1 – Comment nait un roman érotique dans votre esprit ? Est-ce d’abord une scène puis vous brodez autour, ou l’histoire dans son ensemble que vous saupoudrez de scènes ? 

Acte  2 – Quel est, pour vous, le moment le plus difficile à écrire : avant, pendant ou après une scène érotique ? 

Acte 3 – Vous fixez vous un but quand vous écrivez une scène érotique ? Si oui, lequel ? 

Acte  4 – Que pensez-vous de l’usage des préservatifs dans les scènes érotiques ? 

Acte 5 – Quelles sont vos limites (douleur, scarification…) ? 

Acte 6 – De votre point de vue, qu’est-ce que les livres érotiques ont de plus ou de moins par rapport aux autres romances ?

Conclusion

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