samedi 14 mai 2016

Un jour, une question : Acte 5


Quelles sont vos limites (douleur, scarification…) ?



Valéry :

Hou, j’en ai plein, mais je tâche de les dépasser !

Je dirais tout ce qui est trash, d’une manière générale, tout ce qui est dégradant pour l’un des personnages… Ça, pour moi, ce n’est pas possible, mais j’en ai plein d’autres. Dans « L’initiation de Claire », je frôle en permanence mes propres limites, pour dire, mais c’est justement ce qui est intéressant : trouver cette limite-là, qui s’approche sans franchir, qui frôle juste assez pour titiller sans rebuter.

J’ai certains sujets sur lesquels je n’ai aucun problème contrairement à ce que je vois chez d’autres personnes. Le multipartenariat, par exemple, aucun souci ! Je n’ai pas trop de soucis avec la domination physique : elle frôle mes propres limites en permanence mais c’est ce fait de frôler qui est intéressant, comme je le dis plus haut.

J’ai énormément de mal avec la domination psychologique. Je conçois sans problème d’avoir deux personnages allant relativement loin dans une relation physique, mais sous condition d’être sûre que chacun des personnages veut ce qu’il se produit et le veut en pleine possession de ses moyens. Dans la domination psychologique, c’est le « pleine possession » qui me pose problème, du coup.

Les pratiques permanentes, comme les scarifications… j’ai du mal ! Mais j’accepterais mieux un tatouage (alors que c’est permanent, aussi, comme quoi la logique n’est pas forcément là). J’ai déjà d’ailleurs écrit une telle scène : avec tatouage qui finit en acte sexuel (attention, il s'agit d'une vieille fanfiction Naruto, mais voici le lien : Dans sa chair).

A l’arrivée, je dirais que ma plus grande limite est là : les personnages doivent vouloir ce qu’il se passe. Je n’écrirais jamais de scène de viol en tant que scène érotique (au secours… Je ferai un article sur ce sujet, un jour, d’ailleurs pour expliquer à quel point le « fantasme de « viol » », avec des guillemets partout, que l’on peut voir utilisé sous des manières plus ou moins détournées dans l’érotisme, est totalement différent d’un réel viol et ne doit absolument pas être confondu) et je suis beaucoup plus dérangée par certains rapports sous influence psychologique que l’on peut lire parfois que par des rapports hard mais effectués en pleine conscience et volonté de chaque personnage.


Gilles :

Il faut déjà parler maison d’édition et ligne éditoriale en premier lieu. Ce que l’on peut placer chez les Éditions Harlequin, par exemple, est bien précis et respecte les codes érotiques les plus abordables pour tout un chacun. Si Harlequin a évolué dans le bon sens en acceptant l’érotisme le plus torride, le M/M, le F/F ou encore le pluri-partenaires et certaines pratiques comme la domination, le bondage, etc. je suis aussi ravi qu’ils ne publient pas de textes « poubelle ». Ces récits pornographiques et vulgaires, souvent malsains, trouvent leur place auprès d’autres maisons de troisième zone que je préfère ne pas citer. Le lectorat d’un érotisme soft et respectueux est vraiment différent et sait où aller pour se faire plaisir. 

Pour revenir aux limites, elles sont aussi vastes que la sexualité en elle-même ! Chacun verra midi à sa porte et traitera un sujet, une situation, de manière différente ou ne le fera pas du tout. C’est de là que découle la question à laquelle tous les auteurs érotiques doivent un jour répondre : Expérience personnelle vécue ou simplement imaginée ? 

Pour ma part, j’entretiens le mystère et je n’y réponds jamais, alors pour faire simple et dans une idée plus générale que personnelle, je pense que pour tous les auteurs, c’est un peu des deux. 

Dans ta question, Mily, tu parles de douleur ou de scarification. La douleur, à petite dose et de faible intensité, peut être porteuse de plaisir, la blessure non, sauf en cas de déviance pathologique. Attention ! Je ne dis pas que celui ou celle qui se scarifie est un malade mental ! Non, je respecte ses choix, mais ce ne sont pas les miens, encore moins ceux de mes lecteurs. 

En érotisme, tout est possible, absolument tout mais avec trois principes de base que j’ai toujours appliqués à la lettre dans mes récits. 
- Le respect de la volonté de l’autre et de l’être humain en général 
- Le respect de tous les genres, homo, bi ou hétérosexualité 
- Tout se passe entre adultes consentants 

Cela peut apporter certaines limites, certes, tout en offrant suffisamment de possibilités pour avoir de quoi écrire encore quelques milliers de textes ! Maintenant, mes limites sont très étendues, j’écris de l’érotisme sous bien des angles, avec des pratiques parfois méconnues, même si elles restent légères et facilement accessibles pour le commun de mortels. Avec les trois principes évoqués plus haut, je pense que je peux déjà aller très loin et satisfaire les rêves ou les fantasmes de la plupart de mes lectrices et lecteurs. 

Valéry K. Baran


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Sommaire


Introduction

Acte 1 – Comment nait un roman érotique dans votre esprit ? Est-ce d’abord une scène puis vous brodez autour, ou l’histoire dans son ensemble que vous saupoudrez de scènes ? 

Acte  2 – Quel est, pour vous, le moment le plus difficile à écrire : avant, pendant ou après une scène érotique ? 

Acte 3 – Vous fixez vous un but quand vous écrivez une scène érotique ? Si oui, lequel ? 

Acte  4 – Que pensez-vous de l’usage des préservatifs dans les scènes érotiques ? 

Acte 5 – Quelles sont vos limites (douleur, scarification…) ? 

Acte 6 – De votre point de vue, qu’est-ce que les livres érotiques ont de plus ou de moins par rapport aux autres romances ?

Conclusion

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