lundi 22 août 2016

Un jour... en Arkansas avec Penny Webb-Watson

J'en ai parlé sur Facebook, la trilogie de Penny Le coeur de l'Arkansas. Du coup, j'ai papoté avec elle, et organisé ce petit interview sous le signe de l'Histoire, du droit des femmes et de la romance.





XIXe, Arkansas La passion et le sens du devoir. Voilà ce qui anime Ayokha, Violette et Clémentine, trois femmes courageuses qui vont bouleverser les esprits dans la petite ville de Little Rock. Alors que rien ne les prédestinait à sortir du rang, un amour sincère et interdit va les pousser à mener un combat personnel pour accéder au bonheur. Indienne blanche, femme perdue ou institutrice idéaliste, chacune va puiser dans la passion la force de surmonter tous les obstacles. Et ni l’intolérance, ni l’opprobre publique, ni la vengeance familiale ne viendront à bout de leur soif d’amour et de justice. Après leur passage, cette petite ville perdue au cœur de l’Arkansas ne sera plus jamais la même… 



Autant le dire tout de suite, en ouvrant cette trilogie, je ne connaissais pas la plume de Penny, et il me tardait de la lire.

Une romance au Far-West ? Une grande première pour moi, même si j’ai déjà lu des romances contemporaines mettant en scène des cow-boys.

J’ai donc pu me délecter du destin de trois femmes dans l’Ouest sauvage. Elles sont fortes, déterminées et ne flanchent pas devant l’adversité, quelle qu’elle soit. Les héros sont eux aussi complexes et usés par la vie. Leur naissance, leur éducation ou encore tout simplement leur passé en font des êtres complexes qui trouvent le repos au contact de ces femmes si particulières.

Et le lecteur se régale.
Le rythme est soutenu, pas de temps mort, rien que des rebondissements, des scènes décrites avec talents pour nous permettre de tout imaginer. Un très bon moment lecture.



Durant l'été, Penny a accepté de se prêter aux jeux des questions.
Merci beaucoup !


1 – Comment t’es venu l’idée de la trilogie, le cœur de l’Arkansas ? 

J’aime l’histoire des Etats-Unis et j’ai eu envie de la raconter à ma manière à travers trois grand thèmes : la déportation des natifs, la société puritaine protestante et les prémices du droit des femmes. Je me suis documentée sur le droit et les lois en vigueur à cette époque sur les écrivains de ce siècle et sur les tribus indiennes bien sûr. J’ai passé un temps fou le nez collé à de vieux bouquins ou les yeux rivés sur l’ordi avant de prendre la plume, le sujet est dense et je ne voulais pas m’éparpiller. Et puis « hop » c’est parti l’histoire d’Ayoka et Frank est venu, je ne voulais pas faire une trilogie au départ mais ensuite Axel et Phil m’ont inspiré eux aussi et voilà ! Il avait trop de choses à dire pour ne faire qu’un volume.


2 – Pourquoi l’Arkansas et ce rôle donné aux indiens dans chacun de tes livres ? 

L’Arkansas parce que c’est un des états où ont été « repoussés » les natifs des cinq nations « civilisées » de l’Est, avant que la soif de terres des Blancs ne les chasse de nouveaux et puis parce que j’avais lu la vie de William Lewis, fondateur de Little Rock et que je trouvais sympa de lui donner cette descendance imaginaire. Le Nouveau monde était une chance de repartir de zéro pour beaucoup de gens qui avaient tout perdu, je pense notamment aux Irlandais, mais aussi pour d’autres pays de la veille Europe. Les Natifs tiennent une place particulière dans cette trilogie à travers plusieurs tribus décrites parce qu’ils sont au centre de cette histoire, c’est leur monde qui a basculé. J’ai appris un tas de choses sur ces différentes tribus, leurs croyances, leurs mœurs. On a tendance à toutes les croire similaires, c’est une erreur. Et sur les ruines de leur civilisation se sont bâtis les Etats Unis, ils méritaient la part belle, non ?


3 – Il est rare qu’une héroïne soit une captive. Pourquoi Ayoka ? 

Toute cette époque est complexe, des horreurs et de belles actions ont été commises des deux côtés, malgré les massacres, les Blancs comme les Natifs ont essayé de se battre pour ce qu’ils pensaient justes. Dans la guerre nous sommes tous perdants, j’ai voulu montrer que le parti de Frank dont on avait massacré la famille ou le parti d’Ayoka sauvée par un cherokee, ne sont ni blanc ni noir, chacun essaye de vivre ou de survivre avec ses blessures. Il fallait une femme forte et courageuse pour se mesurer à Frank, et je trouve qu’Ayoka ne montre à la hauteur. Et puis j’aime cette idée de pardonner et surtout de se pardonner à soi-même pour avancer et se donner un avenir.


4 – Parmi ces trois livres, qu’est-ce qui t’a posé le plus de problèmes à écrire ? Pourquoi ?

Honnêtement cette trilogie a été un régal, les idées venaient sans peine, pas de page blanche, bien au contraire, j’ai du faire des coupes rases pour ne pas alourdir le sujet, c’était même un peu frustrant. C’est peut être ça qui a été le plus difficile. J’ai bien aimé les frères Lewis, les joutes verbales, les histoires tribales d’Ayoka, la verve d’Axel et le côté taciturne et blessé de Phil, Violette est une battante et Clémentine audacieuse. Moi, fan de mes personnages ? Je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler… Mes héroïnes se révèlent au fur et à mesure des romans et j’aime bien les femmes qu’elles deviennent : elles s’affirment mais ne perdent pas leur sensibilité.


5 – On demande souvent aux auteurs quels sont leurs projets. Moi, je vais te demander de me décrire un non-projet. Quel est le type d’histoire, ou de scène, que tu ne pourras jamais écrire ? 

 De la science fiction…. J’ai de l’urticaire quand mes filles regardent Star Wars. En revanche j’adore la Fantasy, peut être à cause du côté « Moyen Age » de certains romans ou films de ce type.




1838, Arkansas 
Frank, le shérif de Little Rock, a toujours pensé que lorsqu’il aurait vengé les siens, la vie redeviendrait paisible. Pour cela, son plan était simple : tuer le vieil Indien qui a assassiné ses parents et brisé sa famille. Mais c’était compter sans l’ingérence d’Ayokha, une jeune femme blanche adoptée par son ennemi et élevée comme une Indienne. A cause de cette diablesse animée par la fougue des Cherokees, il lui est désormais impossible de laver l’affront subi par sa famille ! Fou de rage, Frank l’enlève pour l’amener avec lui, à Little Rock. Mais maintenant qu’il tient à sa merci cette femme fière et résignée à lui offrir sa vie, selon les lois indiennes, il ne sait que faire d’elle. Et n’ose s’avouer le trouble inacceptable qu’il ressent devant celle qui restera pour toujours la fille de son ennemi…







1838, Arkansas 
« – Je suis venu vous voir – et sans casser la porte cette fois-ci – pour vous demander de m’épouser. » En entendant ces mots, Violette est bouleversée. Axel semblait pourtant fou de rage lorsqu’elle lui a avoué avoir été séduite, puis abandonnée par l’odieux Steeve Fairchild, quatre mois plus tôt. Et malgré ça, il maintient sa proposition de mariage ! Bien sûr, elle sait que c’est uniquement pour sauver sa réputation, car après avoir soigné Axel toute une nuit, seule, dans le cabinet de son père, Violette est devenue la cible de tous les commérages. Mais elle pensait qu’en découvrant son secret honteux, il l’abandonnerait, lui aussi. A présent, Violette sait ce qui lui reste à faire : accepter sa demande, et tout faire pour lui prouver qu’elle n’est pas la femme légère qu’il imagine. Et peut-être, un jour, réussira-t-elle à faire naître en lui le même trouble brûlant qu’il provoque en elle…






Arkansas, 1855 
Clémentine Leblanc… La simple mention de ce nom fait naître en Phil une rage incontrôlable. N’est-ce pas en partie à cause de cette femme qu’Andi, son petit frère, s’est donné la mort ? Elle est vraiment la dernière personne qu’il aurait aimé voir s’installer à Little Rock, ville dont il est le shérif adjoint. Plus les jours passent, moins il supporte d’avoir Clémentine sous les yeux, de croiser chaque jour son sourire enjoué, sa démarche assurée, ses courbes affolantes. Visiblement, la jeune institutrice s’est donné pour mission d’éclairer les consciences et de bousculer les mentalités ici, et bien malgré lui, il ne peut s’empêcher d’admirer son courage. A tel point qu’il en vient bientôt à redouter qu’explosent un jour les sentiments contradictoires qu’elle éveille en lui : une colère intense, mêlée à un désir irrépressible…

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